Dystopie ou Post-apo, vous confondez encore ?

Pourquoi je parle de ça ?

Parce que j’adore ces thèmes. Tout ce qui est futuriste en général.

Dystopie ou Post-apo, vous confondez encore ?

Que ce soit en romans ou en films.

Digression : Et comme je ne trouve pas toujours l’univers idéal dans lequel me plonger, je peux déjà vous révéler que j’ai le projet d’écrire un roman qui se passera dans le futur.

J’ai quelques éléments que je note au fur et à mesure des idées qui me viennent. Pour l’instant, c’est un brouillamini et ça me va très bien comme ça. Car d’autres romans sont prévus avant.

Et si vous me suivez aussi fidèlement que dans mes rêves les plus fous (comprenez : une fan attitude de groupie hystérique qui m’attend devant mon château payé grâce à tous mes best-sellers et qui a ses murs punaisés de mes meilleurs portraits retouchés sur Photoshop), vous devez savoir que j’écris un thriller qui avance pas mal dans son premier jet. Et qu’ensuite, je continuerai et terminerai mon roman commencé sur le thème très controversé de Jérusalem (pour vous rafraîchir la mémoire et voir de quoi qu’ je cause, c’est par ici). Enfin, je m’attaquerai à la suite de mon roman Fantasy, pour l’instant intitulé « Ensorcelé – Pour l’amour d’une reine« , même si aucune suite n’était prévue à la base. Là aussi, je note des idées qui peuvent surgir de temps à autre.

Retour à mes moutons : Bref, pour en revenir à mon sujet, j’ai envie de vous parler des mondes imaginaires qui se passent dans le futur. En y réfléchissant honnêtement, c’est le sujet d’imaginaire qui me fait le plus kiffer. Et comme il est dans l’air du temps, je suis vernie, je vais pouvoir lire et visionner plein d’univers ! Oui, enfin, dans l’absolu. Parce que je ne peux pas tout aimer, évidemment.

Pourquoi dépeindre un futur forcément pessimiste : la Dystopie ?

Ecrire sur un monde futur, vous l’avez remarqué, c’est s’embarquer pour un univers qui n’a rien à voir avec les Bisounours.

Je parle de la Science-Fiction en général comme de la dystopie en particulier (sous-genre de la SF).

La Science-Fiction, c’est imaginer le monde tel qu’il pourrait être à l’avenir (dans 15 ans comme dans 10 000), ou d’autres planètes très avancées par rapport à ce qu’on connaît, en général d’un point de vue scientifique et technologique. Dans les années 50 à 70, les histoires se déroulaient en général dans l’espace. Parce que c’était l’époque de la technologie et de la découverte de l’espace. C’était inscrit dans la société. Alors aujourd’hui, 40 à 50 ans plus tard la SF (petit nom donné à la Science-Fiction) est différente puisque notre société et les enjeux politiques, sociaux et économiques sont différents.

La Dystopie, ou contre-utopie, est une fiction qui décrit un monde, une société organisée de façon à empêcher la population de se sentir libre et épanouie. C’est une utopie qui a mal tourné, en quelque sorte. Les gouvernants ont eu le souhait de bâtir une société idéale, et dans laquelle, pourtant, les gens se sentent au mieux épiés, au pire carrément prisonniers et dans l’impossibilité d’être eux-mêmes.

Dépeindre la société dans un futur plus ou moins proche, que ce soit une dystopie ou non, ne date pas d’hier. Y a qu’à regarder les très classiques et incontournables :

  • Le Meilleur des mondes d’Aldoux Huxley, qui date quand même de 1932
  • 1984 de George Orwell sorti en 1949, avec son célébrissime Big Brother
  • ou enfin le tout aussi classique Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, sorti en 1953
  • sans oublier mon petit chéri Barjavel qui a écrit le très connu Ravage en 1943.

Alors à quelques exceptions près, les histoires sont toujours pessimistes en SF. Les auteurs ne pointent que sur les dérives possibles de la technologie, de la science, du progrès en somme. Après tout, est-ce que ce serait intéressant de se focaliser sur une société complètement réussie, parfaite ? Non. On s’ennuierait à lire ou regarder une telle histoire.

Non, en fait je pense plutôt que l’être humain est ainsi : il va jusqu’à l’excès, même avec une invention dévolue au bien, à la base. Parce qu’il faut que l’humain expérimente. C’est dans sa nature. Et parce que l’Homme est excessif, il frôlera souvent la catastrophe avant de faire machine arrière, pas toujours à temps.

Alors oui, la SF est quasiment tout le temps négative. Parce qu’elle sert d’exutoire, de soupape de sécurité : essayer d’imaginer jusqu’où l’Homme pourrait aller et tenter d’enrayer le mouvement avant qu’il ne soit trop tard.

Pas évident.

Voilà pourquoi la SF décrit principalement des sociétés sombres, avec de larges dérives, qu’elles soient sociales, économiques, politiques, technologiques ou scientifiques.

Enfin, moins maintenant. Aujourd’hui, les enjeux ont changé par rapport aux sociétés passées.

Je m’explique.

Imaginer un futur possible, le kif de tout écrivain en lien avec son époque

Pour autant, est-ce que cela explique que la dystopie et dans une moindre mesure le post-apo(calyptique) soient à la mode depuis une dizaine d’années ?

Selon moi, toute société a ses enjeux, en lien avec son époque. Et de ces enjeux naissent les dérives possibles.

Qu’est-ce que c’est que ce charabia ? Comme je ne tiens pas à ce que vous quittiez cette tribune de Marjoland pour vous enfouir sous votre couette, voici mon explication, qui ne tient qu’à moi (et le débat est ouvert aux courageux dans les commentaires).

Prenons « Le Meilleur des Mondes« 

Voici le résumé qu’en donne Wikipédia :

L’histoire débute à Londres, en l’an 632 de Notre Ford, dans un bâtiment gris nommé « Centre d’incubation et de conditionnement de Londres-Central ». Dans le monde décrit par l’auteur, l’immense majorité des êtres humains vit au sein de l’État mondial – seul un nombre limité de « sauvages » est encore regroupé dans des réserves. L’enseignement de l’Histoire est jugé parfaitement inutile dans ce monde, on apprend que les sociétés anciennes ont été détruites par un conflit généralisé connu sous le nom de « Guerre de Neuf Ans ». C’est l’unique garde-fou motivé par tous les aspects de l’individualisme ou de la culture, ardemment combattus par la société.

Dans cette société, la reproduction sexuée telle qu’on la conçoit a totalement disparu ; les êtres humains sont tous créés en laboratoire, les fœtus y évoluent dans des flacons, et sont conditionnés durant leur enfance. Les traitements que subissent les embryons au cours de leur développement déterminent leurs futurs goûts, aptitudes, comportements, en accord avec leur future position dans la hiérarchie sociale. Ainsi, les embryons des castes inférieures reçoivent une dose d’alcool qui entrave leur développement, les réduisant à la taille d’avortons, et sont traumatisés par tout ce qui concerne la nature ou les fleurs. Cette technique permet de résoudre les problèmes liés aux marchés du travail en produisant un nombre précis de personnes pour chaque fonction de la société, nombres déterminés par le service de prédestination.

Une fois enfants, les jeunes humains reçoivent un enseignement hypnopédique qui les conditionne durant leur sommeil, créant une morale commune profondément ancrée dans les subconscients de chacun. Les castes supérieures apprennent ainsi à mépriser les castes inférieures tout en sachant leur nécessité. Plus précisément, la société est séparée en cinq castes (…).

Qu’est-ce que l’on remarque dans ce résumé ? L’auteur Aldous Huxley l’a publié en 1932. Cette époque marque le début de la société de consommation, ainsi que de l’eugénisme, activité scientifique en pleine expansion. Or, cette oeuvre critique sévèrement les dérives de la science et de la technologie, notamment de l’eugénisme. Elle dépeint une société qui se dit satisfaite, bien que la liberté et le doute aient disparu.

Huxley spéculait sur l’avenir à partir de sa propre époque. Pour autant, n’a-t-il pas décrit notre propre société de consommation actuelle ?

Comparons avec « 1984« 

Voici son résumé wikipédien :

L’histoire se passe à Londres en 1984, comme l’indique le titre du roman. Le monde, depuis les grandes guerres nucléaires des années 1950, est divisé en trois grands « blocs » : l’Océania (Amériques, îles de l’Atlantique, comprenant notamment les îles Anglo-Celtes, l’Océanie et Afrique australe), l’Eurasia (reste de l’Europe et URSS) et l’Estasia (Chine et ses contrées méridionales, îles du Japon, et une portion importante mais variable de la Mongolie, la Mandchourie et du Tibet5) qui sont en guerre perpétuelle les uns contre les autres. Ces trois grandes puissances sont dirigées par différents régimes totalitaires revendiqués comme tels, et s’appuyant sur des idéologies nommées différemment mais fondamentalement similaires : l’Angsoc (ou « socialisme anglais ») pour l’Océania, le « néo-bolchévisme » pour l’Eurasia et le « culte de la mort » (ou « oblitération du moi ») pour l’Estasia. Tous ces partis sont présentés comme communistes avant leur montée au pouvoir, jusqu’à ce qu’ils deviennent des régimes totalitaires et relèguent les prolétaires qu’ils prétendaient défendre au bas de la pyramide sociale.

À côté de ces trois blocs subsiste une sorte de « Quart-monde », dont le territoire ressemble approximativement à un parallélogramme ayant pour sommets Tanger, Brazzaville, Darwin et Hong Kong. C’est le contrôle de ce territoire, ainsi que celui de l’Antarctique, qui justifie officiellement la guerre perpétuelle entre les trois blocs.

Ce que je constate, ce que cette oeuvre, publiée en 1949, a été écrite juste après la 2e Guerre Mondiale. En plein début de la guerre froide qui a opposé Etats-Unis et Russie pendant 50 ans – Fin de la parenthèse Schtroumfalunettique 

Dystopie ou Post-Apo, vous confondez encore ?

Ce roman décrit un futur après une hypothétique guerre nucléaire entre les deux blocs Est et Ouest, instaurant depuis un régime totalitaire. L’auteur ne se serait-il pas inspiré des régimes de son époque, qu’étaient le stalinisme et même le nazisme ? Bien sûr que oui !

Et là aussi, d’ailleurs, il semblerait qu’Orwell ait anticipé notre actuelle société où tout devient hyper surveillé et traqué (caméras, cyberpolice, drones, puces électroniques, liberté d’expression muselée adroitement…). Big Brother incarne parfaitement notre système de surveillance actuel. Bien sûr, ce qu’il dépeint est pire, mais il y avait quand même du visionnaire, chez lui. C’est le propre de la SF de deviner ce qui pourrait arriver dans le futur à partir de sa propre époque.

Que dire de « Fahrenheit 451″ ?

Un pompier nommé Montag (« lundi » en allemand ^^) est un pompier qui brûle les livres. A la température d’auto-inflammation de 451 degrés fahrenheit, soit environ 233 degrés celsius. Son destin bascule le jour où il se met à lire l’un des livres, et qu’il découvre un monde perdu, quand la littérature et l’imaginaire n’étaient pas bannis. Il devient alors un criminel recherché…

Que dire de l’époque dans laquelle vivait son auteur, l’Américain Ray Bradbury ? En 1953, date de publication de cette oeuvre, on était en plein maccarthysme (ouch ! 2 c, 1 h et 1 y), cette chasse aux sorcières pendant la Guerre Froide. Autrement dit, il s’agissait de chasser tout ce qui ressemblait de près ou de loin (voire à la loupe) à un communiste ou même à un méchant Russe.

Rien ne laisse penser que Bradbury aurait dénoncé ce régime qui pouvait atteindre les artistes, les acteurs, les écrivains. Mais pour moi, il est évident que Montag le pompier sauveur de livres et donc criminel serait une métaphore de ces artistes pourchassés par ce régime, non ? Là encore, il a dépeint un régime totalitaire, assez typique de son époque. Wikipédia cite : dans l’œuvre, les intellectuels sont éliminés sur dénonciation de leurs voisins dans le but d’assurer la sécurité nationale (une seule parole, donc pas de naissance de mouvements de contestation) et le « bonheur commun ».

La société décrite dans ce roman est déshumanisée : Montag ne se souvient pas de sa rencontre avec sa femme : l’amour semble avoir disparu. De même que l’intelligence, la culture et la communication, puisque les gens ne savent plus réfléchir par eux-mêmes et répètent des paroles sans les comprendre, sans avoir de réels dialogues. Enfin, cette société semble être devenue primitive puisqu’elle prône la violence au nom du bonheur. Un bonheur fictif, évidemment. Un bonheur de lavage de cerveau.

Bradbury expliquait cependant qu’une telle société n’était pas réaliste puisqu’elle a perdu la guerre. Il croyait donc en l’Homme car il ne se décourage jamais. Et il pensait aussi qu’il fallait se détourner des rêves artificiels et fabriqués en usine et se tourner vers la nature (on était en pleine industrialisation massive, dans les années 50).

Que penser de Ravage ?

Toujours dans ce courant anti-progrès, l’oeuvre de Barjavel, publiée en 1943 donc en pleine 2e Guerre Mondiale, dépeint un monde développé technologiquement et qui fait naufrage après une catastrophe sans précédent : l’électricité disparaît, plus aucune machine ne fonctionne, plus d’eau courante, plus de lumière, plus de moyens de transport. C’est le chaos. La ville de Paris est en flammes.

François Deschamps (des champs : paysan, terre, valeur positive) est un étudiant en chimie agricole et décide, avec un petit groupe, de quitter la ville pour rejoindre son village natal en Provence. Il espère y retrouver une vie normale… et paysanne.

Là encore, Barjavel opposait la société technologique et le progrès scientifique offrant tout le confort possible à une vie plus proche de la nature et plus vraie.

Et que remarque-t-on, par rapport à son époque ? Ce livre a été écrit sous l’Occupation de la France par l’Allemagne. Le culte du chef y est décrit (métaphore de Pétain d’autant plus qu’il y a des allusions au régime de Vichy dans le texte). Que penser des scènes de pillage à Paris et de la déroute des survivants, dans le roman ? Est-ce que ça ne vous fait pas penser à l’Exode des civils pendant l’été 1940 ?

A l’époque, on débattait beaucoup sur les ravages d’une vie citadine, d’une coupure du mode de vie paysan. On pensait que cela amollissait l’Homme et le coupait de ses racines terriennes. Wikipédia cite au sujet de cette oeuvre : pensons aux invectives de George Orwell qui écrivait en 1937 : « Il faut bien avouer que le passage du cheval à l’automobile se traduit par un amollissement de l’être humain. »

Cette oeuvre peut être également qualifiée de post-apocalyptique puisqu’elle décrit une fin du monde, contrairement à la dystopie.

Bon, et le Post-Apo là-dedans ?

Et justement, on a tendance à confondre la dystopie qui dépeint une société contre-utopique, une idéologie qui a mal tourné, avec un monde post-apocalyptique, un monde qui survit après sa fin.

C’est le cas de ma série adorée TWD. Pardon : The Walking Dead. TWD n’est pas une dystopie : le monde est ravagé par un virus qui transforme les gens en zombies, les-dits zombies bouffant les vivants et réduisant leur nombre dangereusement. La société en tant que telle n’existe plus, avec sa technologie, son confort, son progrès scientifique et sociétal. Il n’y a plus qu’une vie redevenue plus proche de la nature, sans confort, sans même la protection d’une société organisée et civilisée.

Dans le cas précis de TWD, le danger de mourir, ou plutôt de disparaître en tant qu’humain pour se transformer en abominable « sac de sang », se tapit derrière chaque arbre. Heureusement qu’ils sont aux Etats-Unis et qu’ils peuvent trouver des armes assez facilement. Bref, l’humain est ramené à sa condition d’homme primitif qui doit retrouver certains instincts, notamment se nourrir et se protéger. Il règne une certaine anarchie.

Une oeuvre post-apocalyptique, chère à mon cœur, est la série du Français G.J. Arnaud, La Compagnie des Glaces. Une oeuvre de SF majeure puisqu’elle compte presque 100 volumes qui racontent le monde transformé après que la glace a recouvert la Terre entièrement !

Ici encore, la dénonciation des dictatures est effective car la Terre est dirigée par les Compagnies Ferroviaires toutes-puissantes.

Résumé de Wikipédia notre ami fidèle :

Une vision post-apocalyptique de la Terre où les poussières consécutives à une explosion de la Lune ont recouvert l’atmosphère terrestre, interceptant les rayons du soleil et plongeant la planète dans une nouvelle ère glaciaire. Les survivants sont obligés de vivre dans des villes sous globe que seuls relient des trains. Les grandes compagnies ferroviaires règnent en maîtres sur leurs réseaux, faisant peser un ordre totalitaire sur la population et lui cachant la vérité. Les Roux (ou Hommes Roux) sont « capables de résister à des températures de moins quarante » et peuvent vivre à l’extérieur des villes.

Bon, donc la dystopie et le post-apocalyptique existaient déjà, en science-fiction. Alors pourquoi aujourd’hui, on assiste à une telle vague de films (tirés des romans) dans cette mouvance ?

Pourquoi la dystopie et le post-apo sont-ils si en vogue ?

Tout d’abord, il faut distinguer la dystopie, en vogue chez les Young Adult (public de lecteurs ados et jeunes jusqu’à 30 ans, d’où l’émergence d’une littérature dite Young Adult), du post-apo qui est plutôt destiné aux adultes.

La littérature jeunesse ayant explosé depuis 10 ou 20 ans (digression : si j’avais eu tous ces choix, quand j’étais petite, ma tête aurait explosé, mais qu’est-ce que j’aurais bien voulu ! Mais comme on dit, j’étais à l’époque des Bibliothèques Rose et Verte, et ça me suffisait puisque je ne connaissais que ça. On ne peut pas vouloir quelque chose qui n’existe pas), le secteur livres jeunesse est par conséquent un véritable et très juteux marché.

Et la dystopie est un thème qui cartonne auprès des YA. Pourquoi ? Peut-être que ces questions de sociétés « emprisonnantes » pour ne pas dire empoisonnantes, mettant en scène des ados (en général de 16 ans) qui à eux tout seuls vont bouleverser le système mis en place, font un écho à ce début de 21e siècle lui-même bouleversé dans ses fondements :

  • une ère spirituelle s’est amorcée avec prise de conscience collective de notre Terre,
  • des animaux (végétarisme),
  • des méfaits de la pollution
  • et des conséquences de nos actes en général.
  • Une ère de la communication à l’échelle mondiale depuis l’avènement d’internet, de la connexion perpétuelle avec tout le monde (téléphones portables, wifi, internet).
  • Une ère de remise en question des institutions centenaires comme l’école telle qu’on l’a connaît ou le travail qui se dématérialise de plus en plus.
  • Enfin le bouleversement au niveau familial avec l’avènement de nouveaux modèles : après les familles dites mono-parentales, les couples du même sexe qui élèvent des enfants.

Bref, des profonds bouleversements au niveau économique, social, éducatif, religieux, familial et même politique car tout le monde est amené à prendre conscience de tout ce qui se passe, y compris les jeunes.

Alors est-ce que la dystopie ne serait pas la parfaite métaphore de l’ado défiant l’autorité ? Ici mis en scène dans une société du futur qui serait totalitaire ? Qui montrerait qu’il n’a plus confiance en l’autorité autrefois valeur principale véhiculée dans les familles ?

Cela expliquerait son succès auprès des ados et des jeunes. Les enjeux ne sont plus les mêmes que ceux des œuvres du passé, je viens d’en parler, et ça me semble logique. Certains y voient un détournement de la vraie vocation de la SF, à savoir faire réfléchir le lecteur (ou le spectateur) aux valeurs d’une société, aux progrès scientifiques et technologiques et leurs conséquences possibles. J’ai lu et entendu que ce n’était plus que du grand spectacle et qu’il est à déplorer que la dystopie constitue désormais le départ d’une intrigue, et non plus une réflexion. C’est une opinion que je ne partage pas.

Alors certes, il y a moins matière à réfléchir, tout tourne plutôt autour de la défiance de l’autorité en mode « ado héroïque de 16 ans seul face contre tous ». Mais la dystopie aujourd’hui a au moins le mérite de promouvoir la lecture chez les jeunes.

Et penchons-nous un peu plus derrière le miroir. Peut-être comprendrons-nous mieux le succès de la dystopie : et si cela faisait réfléchir au fait de ne pas refaire les mêmes erreurs en passant d’un système établi à un autre ? Et si cela faisait réfléchir au libre arbitre, à la volonté individuelle ?

Hunger Games, dystopie blockbuster

Le site Babelio résume ainsi Hunger Games (romans écrit par Suzanne Collins et adaptés au cinéma par Gary Ross) :

Les Hunger Games ont commencé.
Le vainqueur deviendra riche et célèbre.
Les autres mourront…

Dans un futur sombre, sur les ruines des États-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur.
Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre télé-réalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l’arène : survivre, à tout prix.

Je remercie Madmoizelle pour sa critique très avisée de ce genre littéraire aussi décrié qu’encensé.

Voici son résumé : Dans Hunger Games, on trouve une forte critique d’une société dans laquelle tout est médiatisé, et dans laquelle le filtre médiatique transforme les pires horreurs en divertissement, ainsi que la dénonciation d’un gouvernement exerçant une surveillance trop forte sur ses citoyens/ennes — par exemple en forçant toute la population à regarder sa jeunesse s’entre-tuer dans les Jeux.

Elle décortique l’oeuvre pour montrer l’efficacité de l’histoire. Vous pourrez la trouver en entier à un clic d’ici, mais j’extrais quelques infos intéressantes de sa critique :

  • la loi du plus fort, qu’elle identifie à celle du monde politique
  • l’état de nature, sujet de philosophie puissant et récurrent

La question se pose : peut-on fonder une société sur des bases comme la peur et la force ? (N’hésitez pas à aller lire l’article de Madmoizelle en entier pour l’analyse complète).

Divergente, dystopie et post-apo

Extrait du résumé de Wiki :

Beatrice, alias Tris, a 16 ans et vit dans un monde post apocalyptique où la société est scindée en cinq factions (Audacieux, Érudits, Altruistes, Sincères et Fraternels). Elle doit sélectionner son appartenance pour la suite de son existence. Beatrice est née chez les Altruistes, faction qui constitue le gouvernement. Son père, Andrew, est au service du conseil dirigeant avec le responsable des Altruistes, Marcus Eaton.

Beatrice passe son test avec Tori, une Audacieuse. Cas rarissime, son test d’aptitude n’est pas concluant, c’est-à-dire que ses résultats la font appartenir à différentes factions : elle est divergente. Les Divergents sont des individus rares possédant les caractéristiques de plusieurs factions à la fois. Les Divergents sont traqués par la direction de l’État car ils échappent à leur contrôle. En effet, leur esprit ne pouvant être formaté en fonction de leur faction comme les autres, ils peuvent penser indépendamment et sont imprévisibles. Ils menacent alors l’équilibre de la société. Tori la protège en trafiquant les résultats du test et la faisant passer pour une Altruiste et lui conseille de garder la vérité secrète.

Dans cette dystopie post-apo écrite par Veronica Roth, la critique de la société se situe plutôt au niveau de son obsession à faire rentrer les gens dans un moule prédéfini (n’y est-on pas déjà ?). Se pose également la question de la loi du plus fort (les Scientifiques qui se considèrent supérieurs aux habitants de la ville qui a instauré le systèmes des factions).

Enfin, je vais vous parler d’une série moins connue mais dont le pitch est très intéressant :

Uglies, une dystopie culte plus « adulte »

Ce nom vient de l’anglais « ugly » qui signifie « laid », « moche ». Petit résumé de l’histoire, dixit Wiki :

L’histoire est une dystopie. L’histoire se passe au xxive siècle ou au xxve siècle (l’époque n’est pas précisée, mais un objet du milieu du xxie siècle est qualifié de vieux de plus de trois siècles).

Le monde décrit est régi par le principe de l’extrême beauté. À l’âge de 16 ans (en fait cet âge est celui de la ville où vit l’héroïne ; il est de 18 ans dans une autre, mais pour des raisons médicales il doit être compris entre 15 et 20 ans) les adolescents subissent une opération de chirurgie esthétique qui leur donne un visage et un corps jugés parfaits selon les canons en vigueur. Ces critères sont, selon l’instruction officielle, la moyenne pour chaque trait, ce qui est censé être privilégié par sélection sexuelle (l’histoire comprend une réflexion sur la question « ces traits sont-ils dit beaux parce qu’on a appris à les considérer comme tels ? »). Ceux qui ont subi l’opération sont appelés « Pretties ». Par opposition, ceux qui sont trop jeunes pour avoir subi l’opération, ou y ont été soustraits, sont appelés « Uglies »

Cette série de plusieurs tomes a l’originalité d’introduire du vocabulaire spécifique. Pour que vous ayez une idée, figurez-vous que nous, peuple du 21e siècle, sommes appelés Les Rouillés par la civilisation qui nous succède, celle de la fiction. Vous apprendrez également ce que signifie « un claqueur », du verbe « claquer » : Personne possédant un site internet personnel (assez proche des blogs du monde réel). Pour un site ne parlant que d’elle-même, on parle d’un claqueur d’ego. Le verbe « claquer » signifie donc « mettre en ligne sur son site personnel ».

Vous découvrirez entre autres les Scarificateurs, les Uglies, les Pretties et les Specials (termes anglais, désolée).

L’auteur, Scott Westerfeld, est un Américain qui a écrit avec succès plusieurs séries de Science-Fiction. Son style unique est dû notamment à une touche de mystère et à un humour décalé.

Sa dystopie nous révèle que notre civilisation va s’éteindre pour une autre bien plus avancée technologiquement (par exemple : des bracelets anti-accidents de voiture ou des bagues d’Interface). Comme c’est une dystopie, l’histoire, à travers un univers unique parsemé d’humour (ce qui n’est pas courant en SF), est une critique de notre monde actuel et de sa fin possible. Il y est question de la nature excessive de l’Homme. Et bien sûr, on touche à la question de la beauté physique mise en avant dans notre société.

Dystopie ne rime pas avec optimisme

Par définition. Vous avez compris pourquoi.

Cependant, une certaine dystopie optimiste pourrait émerger. Ah bon ? Mais je croyais que le futur décrivait en général des avenirs bien sombres !

Certes. Mais avec la venue de l’IA ou Intelligence Artificielle, on peut espérer de belles histoires qui ne se contenteraient pas de voir les robots et les IA comme de vilains méchants contre les humains, les machines qui se soulèvent contre les Hommes ou qui prennent carrément le pouvoir et exterminent la race humaine.

Définir l’humain devient un sujet très actuel pour créer une histoire de SF passionnante et pas forcément pessimiste.

Elon Musk définit ainsi la dystopie : Comme si le domaine de l’intelligence artificielle (IA) n’était pas déjà assez compétitif – avec des géants comme Google, Apple, Facebook, Microsoft et même des marques automobiles comme Toyota qui se bousculent pour engager des chercheurs –, on compte aujourd’hui un petit nouveau, avec une légère différence cependant. Il s’agit d’une entreprise à but non lucratif du nom d’OpenAI, qui promet de rendre ses résultats publics et ses brevets libres de droits afin d’assurer que l’effrayante perspective de voir les ordinateurs surpasser l’intelligence humaine ne soit pas forcément la dystopie que certains redoutent.

Le film « Her » n’est pas pessimiste en soi. Wiki en donne ce résumé : En 2025 à Los Angeles, Theodore travaille pour un site web comme écrivain public, rédigeant des lettres manuscrites de toutes sortes — familiales, amoureuses, etc. — pour d’autres. Son épouse Catherine et lui ont rompu depuis bientôt un an mais il ne se décide pas à signer les papiers du divorce. Dans un état de dépression qui perdure, il installe un nouveau système d’exploitation OS1, auquel il donne une voix féminine. Cette dernière, une intelligence artificielle conçue pour s’adapter et évoluer, se choisit le prénom Samantha. Ils entament une relation amoureuse et passionnée, bien qu’atypique. Mais elle finit par partir.

On voit bien qu’il ne s’agit pas d’une AI qui voudrait prendre le pouvoir et coloniser la Terre.

Sinon, j’aimerais aussi vous parler de la comédie SF écrite par mon amie Marjorie Moulineuf (je l’ai interviewée ici). Voici le résumé de cette incroyable aventure :

« Qui pourrait croire qu’une simple application mobile pouvait avoir des conséquences sur l’Univers entier ?

Elisabeth Parker voulait emprunter de l’argent, à la Big Bank Theory, pour continuer de développer une conscience électronique. C’est tout.

Mais l’existence même de cette conscience artificielle va semer le trouble et la débâcle dans ce qu’elle pense être la plus grande banque de l’Univers.

Élisabeth, son appli Betty et les dirigeants de la BBT, tous plus dérangés les uns que les autres, pourront-ils arranger le chaos dont ils sont à l’origine ?

Ils vont l’apprendre à leurs dépens. On ne traite pas la « Conscience » comme un vulgaire produit de supermarché.

Une comédie rocambolesque mêlant science-fiction et humour »

Vous pouvez retrouver son blog qui mêle astucieusement les techniques de PNL à l’écriture d’un roman passionnant, dans un ton qui explique les choses très clairement mais non dénué d’humour. Projetez-vous sur son blog ici.

Voilà, j’espère que vous saurez désormais reconnaître une dystopie d’une histoire post-apocalyptique (et tant pis pour vous si c’est un hybride), même si j’ai parlé essentiellement de la dystopie, genre très utilisé en Science-Fiction.

Ecrivez-moi votre ressenti en dessous, ou vos idées ou suggestions, ou peut-être vos coups de gueule ?

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9 réflexions au sujet de « Dystopie ou Post-apo, vous confondez encore ? »

  1. Salut Marjorie,

    Oui la science-fiction sert souvent à dénoncer des injustices ou des excès de nos sociétés, dans lesquels nous risquons de plonger et voire pour certains, nous y sommes déjà.
    Par contre, la SF n’est pas forcément pessimiste pour autant. Là je ne suis pas vraiment d’accord.
    Ce genre ne se limite pas aux dystopies ou aux monde post-apocalyptiques, qui sont pessimistes de nature. Pas mal d’auteurs de SF s’attachent à décrire des choses négatives mais aussi ce que l’on pourrait améliorer dans le futur. Le but n’est pas seulement de critiquer, mais aussi de proposer d’autres chemins.

    Je vais prendre des exemples très connus et faciles à trouver. Dans le cycle de Dune, Herbert décrivait aussi bien les travers humains ou de société, que l’écologie planétaire et les valeurs humaines qui lient les personnages. Dans Fondation d’Azimov, il expliquait bien les différents cycles des civilisations humaines avec leurs bons et leurs mauvais côtés.
    Enfin dans Star Wars, on est dans le pur divertissement, la SF « familiale ». À part le clin d’œil assez caricatural des impériaux-nazis, cet univers n’apporte aucune critique de notre société ou même de notre futur, d’autant moins que ça se passe « il y a bien longtemps, dans une galaxie très lointaine… » Ici, la technologie est montrée sous ses aspects les plus positifs, sabres laser et vitesse-lumière, trop cool, on ne parle même pas de pollution.

    Enfin bref, je voulais nuancer tes propos car je pense que la SF n’est pas forcément un genre pessimiste, loin de là. C’est rarement des univers de bisounours, mais ils ne sont pas forcément sombres.

    1. Salut Sandro,

      Ton point de vue est très intéressant. Et très juste aussi.
      C’est vrai que bien des œuvres de SF existent, qui parlent d’améliorations possibles dans un monde tel qu’il pourrait devenir. Dans le cycle de Fondation, que j’ai lu et adoré, bien sûr qu’il parle de divers aspects des civilisations.

      Mais je me suis peut-être mal exprimée : en fait, lorsque je lis un roman de SF, il y a comme une atmosphère sombre. Je ne saurais me l’expliquer. Par exemple, si je prends ton roman de SF en cours, je ne ressens pas cette ambiance, alors qu’il y a quand même des choses sombres décrites, comme dans la vie finalement.
      Ceci dit, les univers décrits en SF sont plus ou moins pessimistes, tout dépend de l’histoire évidemment.

      Bien d’accord, Star Wars, qui est plutôt de l’anticipation d’ailleurs, selon moi, est une oeuvre familiale et assez différente puisque comme tu dis, il n’y a pas de critique profonde de la société.
      Donc je comprends tout ce que tu m’évoques, mais je reste avec une sensation d’ambiance sombre dans l’ensemble (y compris pour ma nouvelle, qui pourtant a un ton léger et rigolo par moments).

      Merci pour ta participation 🙂

  2. Hello Marjorie
    Quel article ! Pourquoi la dystopie et le post apocalyptique ont tellement la vogue ? Comme tu dis on regarde le monde en fonction de son époque. Ton article m’a fait pensé à des séries post-apo comme Falling Skyes ou la très drôle The Last Man of Earth, il ne reste plus rien même plus d’animaux. Est-ce qu’on se rendrait compte, comme le disent de nombreux scientifiques que nous avons amorcé la sixième extinction massive ? Il ne s’agit pas de catastrophes naturelles mais des dégâts irrémédiables causés par l’homme sur la biodiversité. Du coup, effectivement est-ce que les grandes interrogations existentielles et les prospectives de la SF traditionnelle ne sont pas remplacées par une nécessité de survie prophétique ? J’en sais rien mais cela me fait penser à une phrase d’une série post-apo que je viens de regarder Z Nation. Elle fait le parallèle entre les zombies et les humains qui se comportent avec les ressources de la Terre exactement comme des zombies : « On a l’apocalypse qu’on mérite. »
    Je crois à une conscience collective alors peut-être que c’est celui-ci le message à faire passer en priorité d’où cette fascination pour ces « nouveaux » genres.

    1. Coucou Marjorie,

      Et merci de participer 🙂
      Survie prophétique ? J’aime ce terme, je le découvre. Ce serait le « nouveau » mouvement de la SF, alors ?
      J’aime beaucoup cette citation sur l’apocalypse dans la série Z Nation. Je trouve que c’est très vrai ! On est entrés dans une ère de Conscience Collective, c’est bien dit. Cela pourrait être une explication à la mouvance pour la dystopie chez les jeunes, oui pourquoi pas ? Je pense qu’il y a plusieurs raisons à cet engouement, de toute façon.

  3. Ah! enfin une collègue qui fait des articles aussi longs que les miens ahah! J’aime beaucoup ton analyse des classiques, très utile. Merci!
    En dystopie, connais-tu «les dépossédés» d’Ursula le Guin?
    C’est une véritable utopie, positive du fond du cœur, mais qui finalement ne convient pas aux individus. Cela pourrait t’intéresser pour ton étude. En véritable, utopie je ne connais que « Les talents de Xanadu » de Théodore Sturgeon, mon amour.

    De mon côté, je ne reconnais pas la dystopie littéraire actuelle comme sous genre de la SF mais simplement comme version Ado du post apo. Car toute SF post apo est dystopique. Pour citer Dune, les systèmes sont tous créés pour le bien mais tendent tous vers le totalitarisme, voire la féodalité, et les gouvernements cachent bien sûr leurs réelles intentions.
    Donc, je préfère ta seconde définition. Par contre, cette métaphore de la révolte adolescente est souvent doublée d’un « jeu de massacre » et c’est cela qui plait tant. Le frisson de voir tomber les autres sur le bords du chemin. connais tu « Marche ou crève » de Stephen King? c’est un peu l’effet que me donne le côté jeu de massacre des dystopies.
    Ce type d’histoire, les japonais le font si bien depuis 20 ans. J’ai été dégoutée par Hunger Games, qui pour moi n’était qu’un clone déguisé de Battle Royal que toute une génération de lectrices ne connait pas.

    Pourquoi les utopies qui tournent mal sont tellement à la mode? Car nous nageons aujourd’hui en pleine triple utopie — scientifique, démocratique et capitaliste — qui a mal tourné. Bref, ce qui caractérise ces ouvrages c’est bien une métaphore de la révolte adolescente contre le système accepté par leurs parents et qui visiblement ne tient plus la route. pourquoi dans un monde post apo? Car le cataclysme nous guette. Nous somme à « minuit moins deux minutes et demi » avant la fin du monde d’après l’horloge de l’université de Chicago qui a eu cette grande idée en pleine guerre froide.

    J’aimerais être optimiste, je te jure, j’aimerais.
    Mais rien qu’il y a dix ans, je décrivais déjà des attentats en occident dans mon histoire cyberpunk. Je les voyais juste en 2046. Bref, non seulement le futur est prévisible. Non seulement il est sombre. Mais encore, il va plus vite que prévu.

    Mais je veux croire qu’on peut encore arrêter l’horloge. Peut être que les prochaines histoires à la mode ne seront pas post apo mais « ante apo » et que les jeunes héros se battront pour enrayer la catastrophe malgré le cynisme des sociopathes qui dominent le monde. Cela aussi peut se mettre en métaphore.

    Et pardon pour l’aparté politique.

    bonne continuation consœur! ^-^

    1. Quel plaisir, Ghaan Ima, de te retrouver par ici ! Et quel honneur de te fendre d’un long commentaire très riche sur mon humble blog (pour un peu, je me ferais hara kiri tant je ne pourrai jamais te rendre un si beau partage) !
      Cela me fait penser que j’ai mis ce blog en stand-by voici déjà une année, pour diverses raisons, dont l’une des plus importantes est que j’ai besoin de changer d’angle d’approche et que j’ignore comment faire. Mais cela viendra.
      J’ai énormément de lacunes en classiques, donc je ne connais pas « Les dépossédés » d’Ursula Le Guin mais rien que le titre, j’adore et j’adhère ! Je vais l’acheter, il est dans ma liste 🙂
      Ton partage et ton point de vue sont passionnants. Oui je connais « Marche ou crève » de King et c’est d’ailleurs mon préféré et celui qui m’a le plus marquée. J’ai vraiment adoré et faudra que je le relise. Par contre, j’ai été très déçue par son adaptation en film que je n’aime pas du tout et qui n’a pas grand-chose à voir, « Blade Runner ». Dommage que ce ne soit pas une transcription du roman !
      Je suis sidérée par ce que tu m’apprends : Hunger Games serait donc une sorte de reprise de Battle Royale ! Une histoire japonaise donc ? Je vais me pencher là-dessus !
      Pourquoi les dystopies sont-elles à la mode ? Oui, ce doit être ce qui nous guette, en regard de l’évolution du monde : les sociétés à leur apogée (Babylone, Rome…) ont ensuite décliné puis disparu. A l’image d’une montagne, une fois au sommet… il faut bien redescendre. Par contre, ma nature naïve me pousse à ne pas penser qu’on est si proches de la catastrophe… L’avenir le dira. Je pense que c’est un véritable exercice littéraire que d’imaginer un futur apocalyptique. Serions-nous maso, nous auteurs ? Ce qui est sûr, c’est qu’on aime se mettre dans la peau d’autres personnes, un peu comme les acteurs mais niveau écriture et de façon intériorisée.
      Je vois que tu es un peu visionnaire, puisque tu avais anticipé les attentats que nous vivons.
      Au plaisir sur l’un ou l’autre de nos blogs, chère consœur ^^

      1. Ah! Moi aussi le mien a besoin d’une réorientation, faudra qu’on se donne des idées 😉
        J’abuse pour hunger games, l’univers est différent et les raisons du « massacre » aussi. C’est juste que les « jeux de massacre » existent depuis 20 ans dans l’imaginaire japonais et comme d’hab, le jour ou l’une d’elle sort en amérique, l’occident découvre le feu.
        Bref ^-^ merci pour ta longue réponse.
        Tu as raison, il faut rester optimiste. Je me rappelle vaguement d’un film dont la morale était que si on veut un futur, il faut l’écrire, alors, il prendra vie.
        Bonne continuation dans l’écriture donc ^-^

      2. Oui, restons interconnectées pour, le moment venu, s’échanger des idées sur notre blog.
        J’ai regardé le teaser du film japonais Battle Royale, ouch c’est puissant et bien plus violent que l’édulcoré Hunger Games (que par ailleurs j’ai aimé car j’aime le sujet). Je le regarderai. Les jeux de massacre, j’ignorais que c’était dans la culture japonaise (que j’adore) mais je pense aussi que c’est un très bon vivier pour les auteurs, cinéastes, etc. La preuve, beaucoup de monde ont adoré « Marche ou crève » de King.
        Au plaisir 🙂

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